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Faire
son shopping
avec un coach
Jean-Bernard Litzler
24/01/2008
Ce sont surtout les hommes
qui font appel à ce service personnalisé. (Photo François
Bouchon/ Le Figaro).
On les appelle «?personal shoppers?». Ces spécialistes
de la mode, de la décoration ou des antiquités vous
accompagnent dans vos achats ou les font à votre place.
Pour certains, le shopping vire au cauchemar entre peur de la faute
de goût, manque de temps, d'inspiration ou tout simplement
d'envie. C'est pour s'éviter ce genre de désagréments
qu'a été créé le métier de «personal
shopper». Ce service, présent de longue date dans les
pays anglo-saxons, permet de disposer d'un accompagnateur spécialisé
pour optimiser le temps consacré aux emplettes. Après
avoir cerné la personnalité et les envies du client,
le «personal shopper» le guide dans ses achats, voire
les fait à sa place. Les Français ont longtemps été
hostiles à cette approche, préférant la débrouille
et refusant le prix élevé de cette prestation.
Les premiers à se
lancer sur le créneau ont donc visé en priorité
les étrangers. C'est le cas de Riad Kneife (1), accompagnateur
spécialisé en achat d'antiquités. Depuis sept
ans, il fait découvrir les antiquaires français, avec
une prédilection pour les Puces de Saint-Ouen, à une
clientèle quasi exclusivement américaine. «
?Les Américains adorent la France et son art de vivre, explique-t-il,
simplement ils y sont un peu perdus et recherchent des services
auxquels ils sont habitués.?» Il leur propose donc
ses bonnes adresses pour des pièces rares sans oublier une
agréable pause déjeuner. Il peut ensuite créer
un site Internet, avec tous les objets vus, avant d'assurer le suivi
et l'expédition du choix final. Des prestations qu'il facture
à partir de 800 euros la journée. Une goutte d'eau
pour des clients qui dépensent parfois plusieurs centaines
de milliers d'euros à ses côtés.
Peu à peu, une clientèle
plus française et moins élitiste commence pourtant
à s'intéresser à ces accompagnateurs pour des
achats plus courants. Mode ou vrai besoin?? Seul le bouche-à-oreille
permettra de faire la différence entre les coachs qui surfent
sur la vague et ceux qui apportent un vrai service. Entre la vogue
actuelle des services qui facilitent la vie et l'irruption de coachs
dispensant leurs conseils tous azimuts, le métier de personal
shopper s'installe. Éléonore Chedeville (2) a été
l'une des premières à se lancer à Paris voilà
trois ans. Pour des tarifs à partir de 65 € l'heure,
elle cerne les besoins de ses clients avant de les accompagner dans
une sélection de boutiques ou de réaliser pour eux
leur shopping de cadeaux. «?Même si ce service se banalise,
il n'est pas exactement tout public, admet-elle. Il touche encore
une clientèle qui a la culture du service.?» Autre
«?ancienne?»?: Carole Dubois (3) avec son agence Talons
aiguilles. Sociologue de formation, elle enquête sur ses clients
avant de poser son diagnostic. Estimant que goûts vestimentaires
et décoration sont intimement mêlés, elle propose
aussi des parcours à thème alliant boutiques de mode
et visites de designers ou de galeries (110 euros l'heure, forfaits
à partir de 350 euros).
Les hommes, cœur de cible
Les derniers venus sur
le marché jouent la carte de l'accumulation de services et
touchent un public de plus en plus masculin. L'agence Serialshopper
(4), par exemple, a été créée l'an dernier
par deux sœurs?: Lætitia et Sandra Benhamou. Après
une première prise de contact, elles peuvent aussi bien
s'occuper de la garde-robe de leurs clients, de leur déco
intérieure que de leurs chantiers de rénovation. Elles
proposent aussi de donner un coup de frais à la terrasse
avec un paysagiste ou d'apprendre la cuisine à domicile,
voire de faire ses courses avec un chef professionnel. «?Pour
l'instant, notre cible principale, ce sont les hommes célibataires?»,
explique Lætitia.
Preuve que le métier
s'installe, on trouve également des accompagnateurs hors
de Paris. Basée à Nice, Anne Davené-Vantalon
(5) offre ses services sur toute la Côte d'Azur à des
clients plutôt jet-set. Elle passe les prendre dans de grands
hôtels, leur villa de location ou sur leur bateau avant de
leur faire découvrir ses meilleures adresses. Elle se souvient
ainsi d'en avoir dépanné au Festival de Cannes en
dénichant au pied levé un maillot de bain ou un casque
de boxe pour une soirée privée. À Toulouse,
Élodie Destruel (6) a réussi à faire tourner
sa société depuis trois ans. «?Contrairement
à toutes mes prévisions, les clients étrangers
sont minoritaires. Je travaille surtout avec des gens de la région
qui ont envie de se faire chouchouter.?» Son idée?:
proposer sur Internet des forfaits abordables (100 euros pour deux
heures d'accompagnement). En décrochant des réductions
substantielles dans ses boutiques favorites, elle veut réconcilier
les Français avec le personal shopping.
Jean-Bernard
Litzler
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